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Le blog de Hervé Villard Njiélé

Kindjing Ndjabi:Un village bamiléké dans le Mbam

3 Août 2016, 10:44am

Publié par Hervé Villard

 une  vue du village Kindjing Ndjiabi
une vue du village Kindjing Ndjiabi

Situé dans le département du Mbam et Inoubou dans l’arrondissement de Makenené, ce petit village qui vit essentiellement de l’agriculture représente de part sa situation géographique, une vraie curiosité

Révélé au  monde  entier  dans  les  années 1980 par  la  campagne de  la  lutte  contre  la schistosomiase,  le village Kindjing  Ndjiabi un grand  foyer de  transmission de  cette  maladie hier  se révèle  aujourd’hui  comme  un exemple de lutte  contre la bilharziose. A coté du fait que   cette  maladie a entièrement  disparue  dans cette contrée du Cameroun, le  village est devenu  un grenier important du  département du Mbam Inoubou. 

 

Situé  à  près de  5km de  l’arrondissement  de Makenene   c’est avec  moins de difficultés que  l’on se rend au village Kindjing  Ndjabi. Car bien que  pas aménagée,  la route  qui mène  à ce village  est  moins escarpée. En dehors de  l’absence du goudron et des  caniveaux  le conducteur  franchi avec  aisance  les nids de  poules et  quelques   collines  jonchant  le village.  A peine  15minutes  de route, les maisons  construites  le long de  la route , les enfants  courant  dans  tous  les sens et  le parfum de  cacao  séchés  accueillent  tout visiteur .

Limité à l’ouest  par  le village Tonga au Nord par Nyankong à  l’Est  par Makenene et au Sud  par le fleuve  Nkam,  ce petit village  situé  dans  le département du Mbam est  peuplé  par des Bamilékés. «Les Kindjinds », dont  le dialecte  est  un peu  plus  proche de celle parlée au village Babitchoua.

 Ressortissant de Bangoulap

Selon  l’histoire  nous raconte Dieudonné Biankeu habitant de Kinding Ndjiabi le fondateur  de  ce  village était un chasseur originaire du village Bangoulap. Entretenant de  très bon rapport avec  les peuples du Nkam et  ceux de Nyokon Kindjing Ndjiabi, où encore  «l’incontournable  Kindjing », a fini par épouser une jeune fille de cette  tribu là. Avec  cette dernière  il fonda  sa famille et donc  le village qui porte  désormais son  nom.

D’une  population d’environ 1300 âmes,  le  village Kindjing Ndjiabi  vit  essentiellement de  l’agriculture. Son  peuple  assez travailleur  a fait de ce village un  grenier  dans  le département du Mbam. La culture de la tomate, des arachides, du cacao,  du macabo, de  la banane  plantain  du soja et du riz  fait de cette région une destination très courue  par  les différents  Bayam  Sellams de  la ville de Douala et de Yaoundé. Peuplé très  accueillant, il partage leur village avec  les Bamendas,  les Mambilas et quelques  musulmans.

Bien que  ouvert  au monde et malgré  la richesse du sous-sol,  les kindjings qui  connaissent  de nombreux problèmes. A coté de  la carence en eau  potable qui  paralyse le village  pourtant bondé de forage,  la  route  reste un problème  criard  pour ces   laboureurs de  la terre. « Ici  au  village nous n’avons pas  la route.  Pour  transporter  nos récoltes  au marché nous souffrons  beaucoup. On a également un  manque d’eau  potable.  L’eau   coule difficilement des forages et il faut des heures pour avoir une certaine quantité »,affirme  Michel Nkounkeu  natif de ce village. Pour celui-ci, le ravitaillement du village en eau potable  aurait fait de Kindjing un petit paradis. « L’eau c’est  la vie  mais,  on n’a pas d’eau à Kindjing.  Le peu qu’il y a n’est pas de bonne qualité. Il faut que   l’on  aménage de nouveaux point d’eau », propose-t-il.

 

Selon David Kinding Ndjabi  le chef de  ce village, la  paix est  la chose  la mieux partagée ici. Malgré quelques  querelles  avec  les Mbamois qui revendiquent cette  portion de terre,  la vie est harmonieuse  et   les populations  contente  de  vivre ici. Témoins des  terribles  souffrances infligés  par  la bilharziose aux  habitants de  Kindjing  dans  les années 1987,  celui-ci veille malgré  la présence d’un centre de santé dans son village, au respect de règles d’hygiène à la construction des toilettes par chaque  villageois. «Nous avons survécu  à la Bilharziose  grâce à l’intervention du ministère de la Santé Publique et surtout du Professeur Tchuem Tchuente. Nous  lui disons merci. Mais,  nous  ne voulons  plus  connaitre  cette maladie  là », déclare-t-il  heureux.

 

Hervé  Villard Njiélé de retour à Kindjing Ndjiabi

 

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