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Le blog de Hervé Villard Njiélé

Monument Um Nyobe:Les chefs du canton Bell vandalisent le site

28 Mai 2018, 09:29am

Publié par Hervé Villard

Par ce fait, ils disent exprimer leurs mécontentements à la Communauté urbaine de Douala qui a décidé d’ériger à l’intersection des quartiers Bali et Bonapriso la stèle du nationaliste Um Nyobe d’origine Bassa sans les contacter.
La nouvelle a fait le tour du monde ce samedi 26 mai 2018. Dans la rue comme dans les taxis, c’était le principal sujet de conversation. Sur la toile alors, l’évènement a pris une autre tournure. Puisqu’il est devenu le sujet le plus commenté par les  internautes qui n’en revenaient pas. 
Au  départ beaucoup  pensaient  que c’est un «fake news» spécialement conçu pour ternir l’image du noble Canton Bell. C’est à la vue de la vidéo qu’Essama Andre Blaise l’activiste qui a mené seul et gagné la bataille de la construction de  cette  stèle que  beaucoup ont cru à ce qui s’est passé.

 

 En effet dans la journée du samedi 26 mai 2018, les chefs du Canton Bell qu’accompagnaient des hommes et des femmes de ce canton se sont mobilisés à la rue Njoh-Njoh et plus précisément au Carrefour Mobil Njo-Njoh
Alors que certains croyaient à une procession comme cela est souvent coutume dans ce canton pendant des célébrations, ces derniers armés de pioches de massettes de pelles et de gourdins se sont plus tôt dirigés au lieu de la construction de la stèle en hommage au nationaliste Um Nyobe secrétaire permanent de l’Upc de regrettée mémoire et héros national.

 

En lieu et place d’une cérémonie de bénédiction qu’attendaient les riverains curieux, ces derniers vont plutôt détruire la barrière construite autour de la stèle devant accueillir le monument. Comme des chiens enragés qui s’attaquent à un ennemi, ils vont saccager entièrement la barrière protectrice érigée. Tous ceci sous le regard admiratif de Sa majesté Jean Yves Eboumbou Manga le chef du canton Bell, principal commanditaire de cette opération de destruction d’un bien national. La police souvent prompte à intervenir quand des actes de vandalisme sont perpétrés dans la ville ne se signalera pas.
Après ce forfait, ils vont
tranquillement rentrés chacun dans son  domicile sourire aux lèvres avec le sentiment du devoir accompli.
 Selon des informations, après la démolition de la barrière, les chefs traditionnels du canton Bell ont, en outre, fait des rites sur la fondation pour conjurer le mauvais sort sur celui qui poursuivrait les travaux d’érection de la stèle en ces lieux. Le chef supérieur du canton Bell,. Ceux-ci ont d’ailleurs entonné des chansons pendant l’exécution des rites.
 Pour justifier cette action qui ressemble à un acte de défiance de l’Etat puisque la construction de ce monument fait partie d’une œuvre d’envergure nationale qui fait l’objet d’un appel d’offre  public , Sa Majesté Pierre Nteppe Mahove, chef traditionnel du village Bonapriso a déclaré dans les colonnes du site internet www.JournalduCameroun qu’ils n’ont pas été consultés avant la construction du monument. « Il s’agit quand même d’un signe fort. Eriger un monument d’une telle envergure dans un village comme le nôtre, qu’on nous surprenne comme tout le monde, ne nous parait pas correct. Raison pour laquelle nous avons voulu qu’il soit clair que cette façon de faire n’est pas du tout appréciée par nous. Notre manifestation montre que nous ne voulons pas avoir ce monument. C’est un droit », a-t-il indiqué.
Les travaux d’aménagement du monument Um Nyobe ont été engagés il y a environ un mois, après plusieurs manifestations de l’activiste André Blaise Essama, réclamant des stèles en l’honneur des martyrs de la lutte des indépendances à travers le pays. Le jeune homme qui s’est attaqué plusieurs fois au monument du général Leclerc à Bonanjo a d’ailleurs séjourné deux fois en prison pour cette cause.
Les travaux de construction du monument sont conduits par l’entreprise Ets Market House Plus. La Communauté urbaine de Douala (Cud) est le maître d’ouvrage et en assure le financement. Le délai d’exécution des travaux est fixé à cinq mois. Fritz Ntonè Ntonè, le délégué du gouvernement auprès de la Cud, ne s’est pas encore prononcé sur la démarche à suivre après la manifestation des chefs traditionnels du canton Bell.
 
Hervé Villard Njiélé
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