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Le blog de Hervé Villard Njiélé

Afrique centrale;Que vient faire Bozizé à Yaoundé ?

31 Décembre 2009, 12:30pm

Publié par hervy

 

 

Que vaut l’honneur de François Bozizé, président de la République Centrafricaine au Cameroun,  à la veille d’un sommet décisif de la Cemac.

 

A une semaine de la tenue du sommet des chefs d’Etats de la Communauté Monétaire de l’Afrique Central (CEMAC) en terre Centrafricaine (Bangui), le Président en exercice de ladite Communauté François Bozizé, est en visite officiel à Yaoundé, capitale Camerounaise, depuis deux jours.

 

Depuis  l’annonce de cette visite par le cabinet civil de la présidence du Cameroun, plusieurs interrogations fusent déjà de partout : Pourquoi Paul Biya invite Bozizé à la veille de la CEMAC ?  Veut t-il déjà confirmer  sa place de leader en Afrique centrale ?  Bozizé arrive après la visite   Idriss Deby Itno du Tchad et de Ali Bongo Ondimba du Gabon d’autres chefs d’Etat de la sous région. Un ballet au sommet, révélateur de l’urgence d’une concertation au plus haut niveau en Afrique Centrale.

 

Biya dans son discours de circonstance hier est resté dans la logique qu’avait prédit certains diplômâtes en charge des questions de la CEMAC.  Ces derniers affirmaient longtemps avant cette rencontre, qu’il s’agit d’une visite de travail, et dont l’axe principal, outre les relations bilatérales, concerne justement le dossier CEMAC. « Nos intérêts communs, on le voit, sont multiples. Et les faire progresser, ensemble, serait la meilleure façon de donner un contenu concret à ce sentiment de fraternité qui nous anime. Mais il est un autre domaine où notre entente serait de nature à faire bouger les choses. Je veux parler de l’intégration sous régionale qui, reconnaissons le, avance avec une sage lenteur, qu’il s’agisse de la CEEAC ou de la CEMAC.

Personne ne conteste qu’il soit de notre intérêt commun de rapprocher nos positions. Isolés nous resterons faibles, unis nous multiplierons nos forces. Dans le monde incertain qui est le nôtre, seuls ceux qui savent se regrouper ont une chance de tirer leur épingle du jeu. Nous devons donc surmonter nos différences qui ne sont souvent que des survivances du passé ou d’un égoïsme national dépassé. C’est le point de vue que j’ai récemment fait valoir auprès de notre frère et ami commun, le Président Idriss DEBY ITNO.

Nous aurons, je l’espère, l’occasion d’évoquer ces questions lors de la prochaine session de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC qui se tiendra à Bangui sous votre présidence.
 »
 Rappelait  Paul Biya à son hôte.


Guerre de leadership

Dans les coulisses, Il faut rappeler que depuis la disparition d’Omar Bongo Ondimba, une grande majorité de l’opinion en Afrique en général, et en Afrique centrale en particulier voit en Paul Biya le nouveau leader de la sous région. Ceci nonobstant quelques bouderies respectives de la part de Denis Sassou Nguesso, président de la république démocratique du Congo. Ce dernier, qui semble lui aussi revendiquer ce rôle de nouveau leader en Afrique centrale, comme en témoigne des petites bouderies dont certains médias congolais s’en sont fait l’écho récemment. En Guinée équatoriale, le président Teodore Obiang Nguema, du fait de son immense richesse et ses 30 ans au pouvoir se réclame aussi la place de leader de la sous région.

En tout cas, dans cette recherche effrénée de leadership, et face au froid enregistré dans ses rapports avec Sassou Nguesso, notamment dans les tumultes relatifs au processus de la succession à son père, mais aussi face à un conflit que le Gabon a depuis quelques années avec la Guinée équatoriale sur une affaire de discussion de nappe pétrolière, Ali Bongo Ondimba semble avoir choisi son camp. Quelques jours seulement après la fin de l’élection présidentielle au Gabon, et alors qu’il n’était pas encore officiellement proclamé président, Ali Bongo Ondimba était venu à Yaoundé faire acte d’allégeance à l’endroit d’un « père » qu’il avait aussi qualifié devant les médias de « parrain ». Ainsi vu, pour le nouveau et jeune président gabonais, après la disparition de son père Omar Bongo Ondimba, Paul Biya est « le nouveau sage de l’Afrique centrale ». Une vision pratiquement partagée par Idriss Deby Itno. Lors de sa récente visite au

Bangui, occasion de régler les conflits


Certains observateurs politiques avisés n’estiment que ce sommet, qui décidément doit se tenir le 14 décembre prochain après plusieurs reports, sera donc  l’occasion pour les 6 chefs d’Etats de la sous région de régler leurs différents. Et aussi de répondre aux attentes de la région. Ces présidents auront l’opportunité de débattre des sujets tels que : la nomination des nouveaux responsables à la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC) parmi lesquels le gouverneur après le limogeage du Gabonais Philibert Andzembe, à la suite de scandales financiers révélés récemment au sein de cette institution bancaire qui a éclaté en janvier dernier lors de la conférence des chefs d’Etats à Libreville.

Parmi les autres priorités qui interpellent les chefs d'Etat de la région, figure le dossier d'Air Cemac,concernant la répartition du capital entre les Etats, les institutions régionales, le secteur privé et le partenaire technique. Car, la mise en circulation de cette future compagnie régionale est prévue au cours du premier semestre 2010. La délivrance du passeport biométrique Cemac dès janvier 2010 et la réforme des institutions régionales sont également autant de sujets de préoccupation.
Ayant donc de son côté le Gabon d’Ali Bongo Ondimba, et le Tchad d’Idriss Deby Itno, il restait qu’au président du Cameroun d’avoir la position de la République centrafricaine.

 

Hervé Villard Njiélé

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