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Interview
Albert Simon Mienlam
« Nous sommes entrain de manifester parce que les autorités ne veulent pas prendre leur responsabilité en main.»
Rencontré après la conférence de presse organisée par le groupement professionnel des marins du Cameroun, Albert Simon Mienlan, administrateur de cette association revient ici sur les raisons du mouvement de grève des marins camerounais.
Quelle est le poids des marins dans les activités maritimes ?
Quand on parle des activités maritimes, on parle des marins. Quand il n’y a pas de marins, les activités maritimes n’existent non plus. Vu leur importance, on ne peut plus demander le poids des marins dans l’activité maritime. Car, Les marins sont les principaux acteurs du secteur maritime.
Est-ce que une grève des marins peut perturber les activités du port ?
On ne sait pas si ça peut paralyser les activités d’un port. Ce que je sais c’est que les marins vont manifester leur ras-le-bol. Nous sommes entrain de manifester parce que les autorités ne veulent pas prendre leur responsabilité en main. Ils ne veulent pas trouver des solutions aux problèmes des marins, c’est pour ça que nous décidons de faire grève peu importe si ça paralyse les activités du port ou non. Les marins vont toujours manifester.
Pourquoi les marins décident de faire grève ?
Les marins décident de faire un mouvement de grève parce qu’ils ont constaté qu’ils sont marginalisés. Même les autorités en charge des activités maritimes ne veulent pas apporter un grain de solution à leurs problèmes. Leur existence même est balayée du revers de la main par ceux qui devaient organiser ce métier. Parce que, c’est depuis le 18 novembre 2011 que nous avons adressé une pétition aux autorités maritimes pour poser nos doléances .Mais, jusqu’au jour aujourd’hui, aucun brin de solution n’a été trouvé sur les 4 points que nous avons cité dans le préavis de grève que nous leurs avons donné. Ils sont restés muets et n’ont pas proposé de résolution. Nous demandons l’application du code 75/25, c’est-à-dire que dans les navires, qui accostent au port de Douala que l’on retrouve parmi les membres d’équipages 75 % de nationaux et 25 % des étrangers. Or aujourd’hui au Cameroun c’est le contraire. Nous avons demandé un agrément pour le standby-job. C'est-à-dire pour la réalisation des activités au sol. Nous avons également demandé la promulgation d’un arrêté portant interdiction de divulguer la convention de 2010.
Nous revendiquons également mise en l’application du salaire minimal de base tel que recommandé par l’ITF (Fédération Internationale de Transport) qui et de 250euros soient près de 300.000rancs.
Quels sont vos attentes ?
Nous attendons que le Cameroun change, que le secteur maritime change de fonctionnement. Parce que, ce secteur maritime tant qu’il n’est pas régulé, l’émergence dans notre pays demeure un rêve. Si le secteur maritime n’est pas régulé, le Cameroun ne peut pas trouver son essor. Le secteur maritime est important pour l’économie du Cameroun tant que celui-ci ne sera pas régulé, le Cameroun ne sera pas à l’aise, le pays fonctionnera dans un flou total.
Nous parlons de flou au niveau de la gestion, des activités, nous parlons de flou au niveau des organisations. Notre structure doit avoir une existence légale. La quasi-totalité des structures n’ont pas d’existences légales. Elles ont des existences virtuelles. Tant que l’Etat ne légalise pas le fonctionnement, tant qu’elle n’aura pas une main mise sur les activités maritime, il y aura toujours du désordre. L’Etat doit mettre les structures viables sur pieds. Tant que ces structures n’existent pas, tant que l’Etat ne légalise pas l’existence des activités maritimes au Cameroun. La situation ne va pas se rétablir, ce problème ne va pas finir.
Hervé Villard Njiélé
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