Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Hervé Villard Njiélé

Aménagement : Plus de trois cent maisons et boutiques détruites à Douala

27 Mai 2013, 11:03am

Publié par Hervé Villard

  

 

oeuvre de la communauté urbaine de Douala, ces destructions s’inscrivent dans le projet de l’élargissement de  l’axe Ndokoti - Pk14


 

immeuble-detruit.jpg

Des murs à demi cassés, des maisons aux toitures arrachées, des immeubles détruits,  des enfants fouillant des morceaux de ferraille dans les décombres. Des  débris de parpaings éparpillés en désordre et des maisons en pleine destruction. Voilà  présenté de manière succincte l’image  effroyable qui s’offre à tous ceux qui font le trajet Ndokotti- Pk 14 ou l’inverse, depuis environ trois semaines.  Dans l’optique d’élargir cette voie publique devenue exigüe,  la communauté urbaine de Douala a entrepris de détruire des habitations installées le long de ce trajet partant de Ndokotti à Pk14. Depuis  plusieurs  jours déjà,  ces agents sont  à pied d’œuvre sur cet axe routier. Ils détruisent tout sur leur passage. Aidés  par des pelleteuses, des marteaux et autres engins de destruction, ils détruisent sans états d’âme tout ce qui se trouve sur le tronçon à viabiliser.

 Pendant cette  mission, rien n’est épargné. Maisons, boutiques,  échoppes et autres maisons de commerce effondrent  sous le regard insensible des agents  de la communauté urbaine de Douala qui, accomplissent  leur devoir avec beaucoup d’ardeurs. La colère des populations, les pleurs,   les  cries et les supplications de ces victimes des casses, ne ralentissent nullement ces agents déterminés à respecter à la lettre, les mesures scrupuleuses prises par leur hiérarchie. Ils  sont rompus à la tâche.

 De Ndokoti à Pk14, c’est plusieurs centaines de maisons d’habitation et de commerce qui ont été détruites. Ceci malgré les plaintes et la colère des populations. «Voilà depuis 1992 que je suis installés ici. C’est ma boutique qui permettait d’alimenter tous ceux qui vivaient de ce coté dans le temps. C’est avec qu’elle que je me bats pour envoyer mes enfants à l’école. Voilà ça qu’on vient de casser. Que vais-je faire. Avec quoi  vais-je encore m’occuper  de ma famille ? » S’interroge tout en larme un riverain en assistant à la destruction de sa maison. Tout près de lui, bien que courroucé, Jean Jacques un autre riverain s’empresse à sauver quelques meubles avant qu’ils ne soient ensevelis dans les décombres. Père de  trois enfants, ils  ne savent pas où loger désormais avec  ses enfants. «Ma maison vient d’être détruite. Je ne sais quoi faire pour l’instant ni où aller. L’école n’est pas fini maintenant il faut déplacer les enfants. Tout cela est compliqué. Honnêtement je ne sais quoi faire. Je suis dépassé par ce qui se passe» se lamente-t-il.


Plaintes 

maisons-detruites.jpg

Ce qui courrouce d’avantage les populations de ces zones, c’est le fait qu’elles ont été cassées par surprise. «On n’a pas été alerté. La communauté urbaine de Douala n’a  passé aucun communiqué pour nous informer des casses.  Ils sont venus un matin et ont commencé directement à casser » se plaignent-ils en chœur. Effectivement, sur le terrain, aucune des maisons détruites n’est marquée de  la croix de Saint André ni de la mention à démolir. Pourtant, les casses se poursuivent. Une attitude qui a d’avantage pénalisé les  victimes. «J’ai presque tout perdu dans ces casses. Je n’ai eu le temps de sauver mais meubles. Cela a été tellement rapide. Si on nous avait averti, peut être que j’aurai sauvé certains de mes biens » déclare Anastasie, une dame en fouillant dans les décombres quelques objets importants.

Pour les agents de la communauté urbaine, les populations sont  plutôt têtues. Elles ont été averties de ces casses et n’ont fait qu’à leur tête. «Elles ne sont victimes de leurs propres turpitudes», déclarent-ils.

D’après ceux-ci, les destructions qui sont faites sur cet axe visent à agrandir la route  encombrée. Elles visent précisément à détruire  tous ceux qui sont sous les lignes hautes tensions situées des deux cotés de la route.  «On ne doit pas construire sous les lignes hautes tensions. C‘est un danger pour les populations. Les maisons où les boutiques doivent être à trois mètres de ces lignes. Ainsi, tous ceux qui sont  situés dans ce périmètre sont détruits», précisent les responsables de la Cud. Pour limiter les dégâts et protéger leurs biens, certains riverains situés sur les espaces à détruire procèdent eux –mêmes aux démolitions.

 

Hervé Villard Njiélé

 

 

Commenter cet article