Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Hervé Villard Njiélé

Emeute à Douala:Le mouvement s’intensifie à Deido

18 Janvier 2012, 12:14pm

Publié par Hervé Villard


Emeutes-a-Douala_Moto-en-feu.jpg

Après les réunions de sécurité qui prônait la paix mardi dernier, les manifestations et les violences ont repris de plus belles hier mercredi. Un snack-bar  et plusieurs motos ont été incendiés pendant les altercations qui ont eu lieu hier dans la ville de Douala.
 
C’est  le visage d’une ville en pleine guerre civile que le quartier Deido et les quartiers environnants  présentaient ce mercredi 4 janvier 2011. Les jeunes armés de gourdins, de machettes et d’autres objets d’un coté, la police, la gendarmerie, les  éléments de l’équipe d’intervention rapide et ceux du groupement mobile d’intervention au milieu et les conducteurs de moto de l’autre bout. Ces trois corps véritables acteurs des évènements qui se déroulent à Deido depuis près d’une semaine semblent ne pas se fatiguer.
 Les jeunes de Deido qui pourchassent, brûlent les motos  et brutalisent leurs conducteurs. Les forces de l’ordre qui jouent les sapeurs pompiers  en cherchant à rétablir la paix et à  mettre fin aux désordres, empêchent aux conducteurs de motos très remontés de venir se venger,  des atrocités dont ils sont victimes.  Pour parvenir à jouer ce rôle pas toujours évident dans un contexte comme celui-ci où, plusieurs atrocités ont déjà été commises et continuent d’être commises, les forces de l’ordre, qui se sont déployées en nombre important, font des patrouilles dans le quartier Deido, épicentre de ces émeutes qui se sont déclarées depuis le 31 décembre 2011 avec l’assassinat de Eric Monney un jeune de ce quartier poignardé mortellement.
Aidées des bombes lacrymogènes qui leur permettent de disperser la foule des conducteurs de moto et des jeunes de Deido décidés  à en finir avec cette situation qui perdure depuis et des  camions anti émeutes à jet d’eau avec lesquels ils arrosent la foule des manifestants question de les dissuader, les éléments des forces de l’ordre qui, selon certaines informations ont reçu l’ordre de ne pas tirer, broient  du noir dans cette affaire.
Au fourre et au moulin, ceux-ci n’ont pas de temps de répit tant, les foyers de tension sont nombreux et les fronts de combats multiples.  Et, il faut courir à gauche et à droite pour que la ville toute entière ne s’embrase pas. Ce qui n’est pas facile.
A coté de cette image à laquelle s’habituent déjà les populations de Douala parce qu’elles  courent dans tous les sens quand les forces de l’ordre passent à l’action, il faut ajouter celle des activités qui sont aux ralenties. Les boutiques et les ventes à emporter sont fermées de même que d’autres maisons de commerce. Les habitations aussi ne sont pas en reste.
Pour empêcher que les eaux pulvérisées et les bombes lacrymogènes qui sont utilisées pour disperser les manifestants n’entrent dans les maisons, les propriétaires ont choisi de fermer leurs portes. Ces derniers craignent aussi que les manifestants ne s’introduisent chez eux.
En plus de Deido qui où les activités sont paralysées, les commerces situés le long du boulevard de la république ont connu la même ambiance. Tout était presque fermé à cet endroit à cause du  mouvement  qui a progressé jusque là.  La circulation était pareillement perturbée  à cause de ce mouvement. Celle-ci était de temps en tant interrompue à cause des manifestations qui s’y déroulaient. Des conducteurs de moto taxi  postés à cet endroit déchargeaient  toutes les motos qui passaient de même que certains taxis. C’est l’action des forces de l’ordre qui va rétablir l’ordre à cet endroit.
Une organisation stratégique.
Pour empêcher aux conducteurs de moto qui tiennent à tout prix à incendier le quartier Deido parce que « accusés à tort dans l’assassinat » d’Eric Monney d’après leurs commentaires, les forces de l’ordre ont érigé une barrière de sécurité infranchissable à l’entrée de Trois boutiques, une ruelle du quartier Deido. La barrière constituée des élèves gendarmes arborant des masques et des boucliers permettait de repousser à la fois les conducteurs de moto qui veulent entrer dans le quartier Deido et les jeunes de ce quartier de sortir. Selon l’un des éléments de ce corps  «cette stratégie permet de contenir les deux factions en conflit et de stopper les violences.»
 En plus de  cette barrière de sécurité. Des camions anti émeutes à jet  d’eau étaient immobilisés devant le commissariat du 9ème arrondissement prêt à intervenir. Selon des informations, ce dispositif sécuritaire permet de dissuader les conducteurs de moto en provenance du rond point Ecole publique ou de Bépanda.
Entre temps, à l’intérieur et plus particulièrement devant la chefferie du canton Deido,  une cohorte des forces de l’ordre est postée et sécurisent le périmètre. Pendant ce temps, d’autres patrouillent dans les quartiers pour calmer les tentions existantes. Cette action a d’ailleurs permis de sauver deux conducteurs de moto et leurs engins. Ces derniers,  appréhendés par les jeunes de Deido qui pratiquent  une véritable « guérilla urbaine », ils  ont été extirpés de justesse des griffes de leurs bourreaux près à les lyncher par la police.  Dans la même foulée, deux autres jeunes ont été arrêtés. L’un du camp des conducteurs des motos  et un autre jeune de Deido.
Le second  qui a été sauvé de justesse par la police, avait cassé  les vitrines de la boutique de la station Mrs  situé au Rond Point Deido. Arrêté par les riverains témoins de la scène, il sera copieusement tabassé avant d’être sauvé par les forces de l’ordre au passage.
Pour cette journée pleine de rebondissements au cours de laquelle le snack-Bar 2 valeurs a été incendié et des motos brûlées, le port du cache-nez était à la mode. Car, les eaux pulvérisées partout et les bombes lacrymogènes utilisées polluaient de l’air. Pour circuler il fallait se protéger le nez.

 

 

Hervé Villard Njiélé.

Commenter cet article