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Le blog de Hervé Villard Njiélé

Environnement: Douala sous la menace du ravinement.

12 Avril 2012, 20:46pm

Publié par Hervé Villard

Un-eboulement-tue-2-personnes-a-Kotto.jpg

 
De Ndogbong à Kotto sans oublier le quartier génie militaire et la Cité des palmiers, la capitale économique du Cameroun, est depuis quelque temps victime des éboulements en cascade.
 
 
Bernard Ngotcho, un jeune  homme d’environ trente ans est sous le coup de l’émotion. La sueur dégouline en cascade sur l’ensemble de son corps. Il parle à peine. Car, vient d’échapper in extremis à la mort.  Il a été sauvé de justesse par les voisins qui ont surgi tels des anges gardiens, pour l’extirper des décombres après l’éboulement qui a détruit et ensevelit  sa chambre  et pleine d’autres, dans la cité qu’il habitait depuis quelques mois. La scène  s’est déroulée il  y a moins d’un mois, non loin du lieu dit «fin goudron stade Cicam. » Respirant tel un marathonien à  la fin d’une course Bernard N. est comme tétanisé. Il tient à peine sur ses deux jambes. Son voisin de chambre quant qui a lui aussi été  sauvé d’une mort certaine, a été conduit dans un centre de santé de la place où il a été réanimé.
«La nuit de ce jour, aux environs de deux heures  raconte le miraculée, alors qu’on dormait, j’ai entendu tout simplement un grand brui. Au moment de me lever, je constate que je suis enterré à moitié. J’ai entendu mon voisin criez  sauvez- moi ! Sauvez-moi ! Et, Je me  suis mis aussi à crier pour alerter les voisins. Après m’avoir sauvé, on est allé également sauver mon voisin qui était presque enterré. C’est le moustiquaire qu’il y avait sur son lit qui l’a protégé sinon, il mourrait étouffé » poursuit-il. 
Suite à une forte pluie qui s’est abattue sur la ville de Douala ce jour,  il y a eu glissement de terrain et la terre a enseveli une partie de la cité qu’il habitait non sans avoir cassé les murs. C’est de justesse qu’ils ont été sauvés ce jour là.
Si Bernard et son voisin ont eu  la chance d’être en vie, après cet incident malheureux qui s’est déroulé au fin goudron stade Cicam,  les autres personnes victimes des  glissements de terrain en sont mortes. Chantal Fany Ngo Dipita et son fils  Junior Nkououck, tous membres de la famille Bayehe, habitant le quartier Cité des palmiers et plus précisément derrière l’immeuble L, ont été tués dans un éboulement de terrain. C’était dans la nuit du samedi 5 août 2011, alors qu’ils dormaient paisiblement dans une chambre, située à l’arrière de la maison familiale.
 Suite à un glissement de terrain, un  amas de terre s’est détaché de la colline qui jouxte la maison familiale  et  a enseveli à son passage Chantal Ngoh Dipita et son fils , ont immédiatement trouvé la mort. En plus de tuer deux personnes de cette famille, l’éboulement a détruit également trois chambres sur les cinq que comptait cette maison. D’autres occupants de cette maison n’ont eu la vie sauve que parce qu’ils ont passé la nuit hors de ce domicile.
Pareillement, dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 août 2011, deux enfants âgés respectivement de cinq ans et d’un an et demi trouvaient la mort, engloutis sous terre suite au glissement de terrain qui avait enseveli leur maison située derrière la scierie au quartier Ndogbong. Le drame s’était produit aux environs de 3h. Suite à la forte pluie, la maison située en contrebas d’une pente n’a pu échapper à ce glissement de terrain. Les deux enfants ont été ensevelis dans leur sommeil. Les parents, quant à eux, n’ont eu la vie sauve que grâce à l’intervention de la population aux environs de 5h du matin.
Depuis un certains temps, on note une recrudence des éboulements dans la ville de Douala. Et ceux-ci se manifestent à divers endroit de la ville. Le nombres de ravins et de faussées s’est d’ailleurs augmenté suite à ce fléau. Plusieurs habitations aussi sont détruites par ce fait.
Au sujet de la recrudescence des éboulements dans la ville de Douala, l’environnementaliste
Nasser Kemajou, que cite  le quotidien mutations, dans l’une de ces éditions semble connaître les raisons qui justifient ces phénomènes naturels réguliers dans la ville de Douala. «Douala a des zones hautement sensibles comme le plateau Bassa et Ndogbong. Parce que les industries utilisent de l’eau. Et lorsqu’elles lavent les colorons et les déversent dans la nature, ils s’infiltrent dans le sol. Conséquence : ça peut accentuer l’érosion. Aucune entreprise à Douala n’a le plan de gestion de ses déchets liquides ou de ses déchets industriels. C’est pourquoi les maisons construites dans ces zones sont menacées d’éboulement. L’exploitation des carrières non réglementées est aussi une des causes des effondrements de terrain» explique-t-il.
 
Malgré les  sommations de déguerpissement servies aux habitants de ces zone à risque par la communauté urbaine de Douala. Malgré la dangerosité des sites  les populations continuent à habiter et à aménager dans ces zones. Selon un des riverains du ravin de Kotto qui continue à habiter dans sa maison diviser par le ravin, le manque de moyen justifie le risque qu’il court. « Vous croyez qu’on est content de rester là, Nous savons que nous courons des gros risques mais, on va faire comment. On a pas d’argent pour acheter un autre terrain ailleurs » affirme Martin Ngan un habitant de kotto.
 
 
Hervé Villard Njiélé
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