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Le blog de Hervé Villard Njiélé

Identification: Les conducteurs de mototaxis se rebellent

17 Avril 2012, 11:48am

Publié par Hervé Villard

 
 
 
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Depuis la publication des l’arrêté préfectoral délimitant les zones d’exercice de leur activité, les conducteurs de mototaxis ont déserté les différents points d’identifications mis en place par les autorités de la ville de Douala.
 
 
La salle de fête d’Akwa, le point d’identification  des conducteurs de mototaxis de la mairie de Douala premier était presque vide dans la mis journée d’hier.   Au point  soigneusement aménagé pour identifier les conducteurs de mototaxis de cet arrondissement, On n’apercevait  uniquement les agents d’identification. Assis derrière les bureaux soigneusement aménagés à cet effet, ces derniers s’ennuyaient. Certains d’entre eux dormaient tandis que les autres discutaient paisiblement. A cet endroit, généralement bondé de motos, on  n’apercevait même pas l’ombre d’une moto. Les conducteurs de mototaxis ou les propriétaires de ces engins  étaient absents. Ils avaient déserté les lieux et ce depuis plusieurs semaines nous renseigne un agent d’identification de la mairie de Douala 1er.
Selon celui qui préfère parler sous le couvert de l’anonymat, les conducteurs de mototaxis communément appelés benskinneurs ont déserté les points d’identifications depuis la publication de l’arrêté conjointement signé par Fritz Ntone Ntone, le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala et Okalia Bilaï du moment où il était encore préfet du Wouri. Arrêté qui  portait  sur la délimitation  des zones d’exploitation des de mototaxis dans la ville de Douala. «Depuis que  cette circulaire a été publiée, je ne reçoit plus de moto. L’affluence des premiers jours a disparu de même que la fréquence d’enregistrement. On identifie aujourd’hui moins de deux motos par semaine. Quand je viens ici, je ne fais rien, je passe mon temps à dormir. Pourtant au lendemain du lancement de la procédure, ils se mettaient en rang pour être servis. Ce n’est plus le cas. » Affirme-t-il.
D’après lui, les conducteurs de mototaxis font preuve de mauvaise foi manifeste, et veulent défier l’autorité. Ce derniers pense par ailleurs que l’affluence se fera certainement ressentir à l’approche de la date buttoir prévu pour le 12 juin 2012.
 
A la mairie de Douala 2ème, la situation est quasi la même. Les conducteurs de moto se font rares. Ils ont pareillement déserté les lieux.  Selon Olivier Ngansop, le chef de service d’identification des mototaxis de l’arrondissement de Douala 2ème, la présence d’un benskinneurs en quête d’identification est un évènement  pour ses collègues et lui. Car on ne les voit plus.
 Bien que présents à leur poste tous les jours ouvrables, ils passent à ne rien faire
Olivier Ngansop pense que  le manque  de pression des autorités est à l’origine de ce pis allé que l’on observe. «Je ne pense pas que ce soit l’arrêté du délégué du gouvernement qui soit à l’origine de cela. Les conducteurs de moto sont fidèles à leur logique. Ils ne veulent pas se faire identifier. » Pense –t-il.
 Dans cette mairie où environ 1000 motos seulement ont été identifiées, le chef de  ce service déclare que, la sensibilisation et autres moyens visant à motiver les conducteurs de mototaxis à s’identifier ont été appliqués. «On a mis tous les moyens qu’on avait  en jeu pour sensibiliser les conducteurs de mototaxis à s’identifier. Mais jusqu’ici rien. Je présume que tous ceux qui ne l’ont pas fait sont des bandits. Et, l’Etat doit prendre ses responsabilités. » affirme-t-il 
Les autres arrondissements de Douala à savoir 3ème et 4ème et 5ème ne dérogent pas la règle. A observer l’ambiance régnant dans ces différents points d’identification, on dirait que les mototaxis se sont entendus pour boycotter  le processus d’identification qui est pourtant gratuit.  Pour le faire tous les benskinneurs doivent produire la carte d’identité,  la carte grise  ou le récépissé de dépôt de la carte grise. Au sujet de cet acte de rébellion, les conducteurs de mototaxis rencontrés ne donnent pas de véritable raison.   Conscient du fait que la répression débutera dans moins de deux mois exactement, certains d’entre eux compte bien le faire avant le jour-j.   
 
A la communauté urbaine de Douala, les autorités maintiennent que la répression  débute le  12 juin 2012 comme publié. « Et, aucune mesure alternative ne sera prise. » préciseent-elles.
Pour ces derniers décidés à faire régner la loi, les conducteurs de motos refusent de se faire identifier parce qu’ils veulent  maintenir le désordre. « Ce n’est pas l’arrêté du délégué qui est la cause du boycott de la procédure d’identification par les mototaxis. C’est que, ils ne veulent pas se faire organiser. » Soutient notre source.
Pour cette dernière, qui pense que  le développement de  la ville de Douala passe par l’organisation de cette profession, les conducteurs de motos ont  intérêt à ce faire identifier pour ne pas regretter le jour-j.
 
 
Hervé Villard Njiélé
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