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Le blog de Hervé Villard Njiélé

Journée internationales des personnes handicapées: La marginalisation continue au Cameroun

6 Décembre 2012, 15:37pm

Publié par Hervé Villard

 

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Malgré l’existence des textes de loi visant à faciliter la vie des personnes handicapées vivant au Cameroun, ces derniers continuent à se battre au quotidien pour avoir une place au soleil. 

Charlot Yves Tchakounté Kemayou  est étudiant en 5ème année sociologie à l'université de Douala capitale de la région du littoral. Âgé de 33 ans, il prépare depuis trois ans, un DEA qu’il a de la peine  à achever faute de moyens. Malgré sa volonté de parachever ce travail qui le passionne, ce dernier ne peut rien.  Il lui faut de l’argent.   La famille de laquelle il est issue ne peut non plus lui accordé son soutien. Elle est pauvre et  se bat au quotidien pour joindre les deux bouts.  Malgré son effort et surtout sa volonté d’apporter sa contribution à l’évolution de la science Charlot Yves Tchakounté Kemayou étudiants handicapés au Cameroun se trouve bloquer. «Mon mémoire traite de la problématique des enfants mineurs en situation de travail en milieu urbain au Cameroun. C’est un thème que j’affectionne beaucoup.  Mais j’ai des problèmes financiers pour parachever ce projet » déclare-t-il à un confrère du site  internet Camer-be.

 Celui qui comptait sur la bourse annuelle d’une valeur de 50.000fcfa que l’Etat camerounais accorde aux étudiants handicapées  pour parachever son travail est presque déçus. Car, ces bourses arrivent de manière irrégulière et ne sont  pas toujours accessibles. « Tous les étudiants handicapés bénéficient d’une bourse annuelle de 50 000 FCFA octroyée par l’Etat. Elle sert à payer la pension universitaire. Ce sont les textes qui le disent. Maintenant, l’application de ces textes n’est pas toujours claire. Il faut signaler que ces bourses ne sont pas disponibles au moment du paiement des frais universitaires. Les bourses arrivent soient au milieu soit à la fin de l’année, au moment où personne ne l’espère plus; Ceux des étudiants qui sont au courant font des pieds et des mains pour se faire identifier. » Déclare-t-il. Et de poursuivre : « en quatre ans  c'est-à-dire de la 1ère à la  4ème année, je n’ai eu qu’une seule bourse. Et, depuis que je suis en DEA je ne bénéficie d’aucune bourse et je ne sais pourquoi pourtant des bourses sont prévues pour  des étudiants handicapées. »

Comme lui, des étudiants et étudiantes handicapées du Cameroun ne  se plaignent plus. Ils se débrouillent comme tout le reste pour financer leurs études. Car ils sont fatigués de crier au quotidien à un gouvernement qui tarde à réagir.

A coté de ces bourses qui arrivent de manière hasardeuses et de l’absence des fonds spéciaux  pour aider les étudiants handicapés,  se pose un autre problème. Celui de l’exonération totale ou partielle des frais de scolarité aux élèves handicapés  et aux enfants issus des parents handicapés.

Selon  les articles  28 et 29 de la loi N°2010/002 du 13 avril 2010, l’Etat prend les mesures particulières pour garantir l’accès des personnes handicapées à l’éducation et à la formation professionnelle. Ces mesures comprennent : la prise en charge matérielle et financière et l’appui pédagogique. L’Etat contribue également à la prise en charge des dépenses d’enseignement et de première formation professionnelle des élèves et étudiants handicapés indigents.  Cette prise en charge consiste à l’exemption totale ou partielle des frais scolaires et universitaires et l’octroi des bourses.

Sur le terrain, c’est tout autre chose. Cette loi n’est pas respectée malgré son existence. Les parents handicapés de même que les enfants handicapés continuent de payer des frais de scolarité pour recevoir de l’éducation. Ce qui fâche d’avantage innocent Siehale responsable du bureau de l’association des handicapés dynamiques du Cameroun (Gic Handyc) qui promet tout faire pour que cette loi soit appliquée. « Pour l’année 2013, les défis restent énormes. Nous allons nous battre pour que les étudiants handicapés et ceux issus des parents handicapés ne paient plus les frais de scolarité. Bref que la  les articles 28et 29 de la loi du 13 avril 2010 soit respectés » déclare-t-il.

En plus de la difficulté de l’accès à l’éducation et à la formation, la personne handicapée au Cameroun  n’est pas présente dans les cercles de prises de décision. Les services publics ne lui sont pas rendus gratuitement comme le recommande la loi. Elle n’est non plus prise en charge dans les centres de santé pour des soins. Le clou de cette affaire c’est que, pendant les recrutements, elle est stigmatisée par les employeurs. C’est dossiers sont rejetés au profit des personnes valides. C’est pourquoi nombreux d’entre elle se retourne vers les métiers artisanaux et l’auto-emploi.

 C’est d’ailleurs après plusieurs mouvements de revendications que 500 personnes handicapées ont été recrutés dans le recrutement massif de 25000 jeunes dans la fonction public lancé par le gouvernement camerounais apprend-on.

Pendant la célébration de la 21ème journée internationale de la personne handicapée qui a eu lieu ce 3 décembre 2012, les personnes handicapées du littoral on dit leur engagement à faire respecter les lois prises par le gouvernement. Cette énième édition s’est célébrée sous le thème « lever les barrières en vue de favoriser l’avènement d’une société accessible et inclusive pour tous »

 

Hervé Villard Njiélé

 

 

 

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