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Le blog de Hervé Villard Njiélé

L’escargot une véritable richesse pour les populations du Moungo

2 Avril 2012, 18:37pm

Publié par Hervé Villard

 

 des escargot

 

Généralement prisé par les voyageurs et les populations du département du Moungo, la vente de la viande d’escargot est devenue une source de revenu pour certains habitants de cette région du Cameroun.

 

«Nkongo meat », «Nkongo meat». Ce refrain fredonné par les vendeurs des  brochettes d’escargot,  n’est pas nouveau pour  tous les voyageurs qui font la route de l’Ouest-Cameroun. De Mbanga à Manjo, sans oublier  Loum, Penja et Njombé, cet hymne est répété le long du trajet par   des vendeurs de brochettes d’escargot qui se font nombreux au fur et à mesure que les années passent.

Recrutés parmi toutes les tranches d’âges  de la population,  on trouve parmi les pratiquants de cette profession les jeunes,  les adultes, les hommes  et les femmes. Ces vendeurs, leur marchandise  sur la tête, écument les gares routières, les ventes  à emporter et  stations de payages routiers à la recherche des voyageurs, véritables clients de la « viande sans os ». A  100f ou à 200 francs CFA la brochette en fonction de la grosseur du mollusque, chacun des voyageurs tient absolument à goutter à cette viande trop prisée.

«Je ne peux pas faire un voyage à l’Ouest sans manger de l’escargot. C’est une très bonne viande. Et en plus ceux qui préparent cela dans le Moungo savent bien le faire. C’est une viande très appétissante.» Déclare Adeline T, passagère d’un car de transport en partance pour l’Ouest le week-end dernier, tout en dégustant avec appétit quelques brochettes qu’elle vient d’acheter.

Tout près d’elle, Alirou, la quarantaine dépassée, est très concentré. Il savoure tout doucement cette viande qu’il a l’habitude de consommer. D’un hochement de tête, il approuve entièrement toute la déclaration d’Adeline. «La viande d’escargot est une viande exceptionnelle. Elle possède plusieurs vertus. C’est pourquoi je la mange. Toute ma famille d’ailleurs, consomme sans exception les brochettes d’escargots. » Ajoute-il, en augmentant quelques brochettes à son fils Zinedine, assis tout près de lui, et  qui déguste goulûment cette viande.

 

Selon Geneviève Ngogne, vendeuse des brochettes d’escargot depuis près de cinq ans dans la ville de Manjo, cette viande est prisée par les usagers  de la route et même par les habitants du département du Moungo. Ces derniers en raffolent d’ailleurs. «Depuis que je vends les brochettes d’escargots, il n’ y a jamais eu reste. Je vends toujours entièrement ma marchandise. Les clients disent que je sais faire frire le «nyama» et que j’ai aussi un bon piment.» Déclare-t-elle.  

brochettes-d-escargots-jpg.jpg

Selon cette dernière, l’activité nourrit son homme. En dehors des difficultés liées à l’approvisionnement et au traitement de ce mollusque dont, nul n’ignore le caractère gluant, on réalise près de 150 à 200% de bénéfice  en commercialisant cette marchandise. « On mesure les escargot dans le « sac motto » ou « le sac Bandjock ». Ce sont des petits sacs plastiques avec lesquels les femmes font souvent le marché. Quand il y a abondance le sac coûte 6000 FCFA et quand il y a pénurie, il coûte 8000fcfa. Mais, quand on achète, on s’en sort toujours. Tu peux vendre un sac même à 13000  voire même 16000 franc CFA. Si tu as la chance d’avoir les gros escargots, alors tu as gagné le jackpot. Le sac peut te revenir même à 17000 francs.» Explique Rosalie  Nken, une autre vendeuse de brochette d’escargot.

 

D’après cette dernière, il est difficile de trouver la marchandise chaque jour. «Je vend l’escargot trois fois par semaine. Il y a des fois que tu vas au marché et tu ne trouves pas la marchandise. C’est ça qui nous dérange. En dehors de cet aspect, tout va bien. C’est avec l’argent des escargots que j’envoie mon fils à l’école et que je m’occupe de ma petite famille. ». Ajoute-t-elle.

 

En plus des vendeurs de brochette, l’escargot permet également à ceux qui le ramassent d’avoir un peu d’argent. «On cherche les escargots dans la nuit aux environs de 2h. Avec la torche, on se ballade dans la brousse pour ramasser le mollusque qui aime les endroits humides et qui se déplace et  se nourri uniquement la nuit. » Affirme jacques Ndée, ramasseur d’escargot. «C’est vrai que ç’est pénible. Mais, cet argent nous  aide. Pour ramasser une bonne quantité, on expose dans  les champs, les papayes et les bananes pourries. Ils aiment ce qui est sucré. Et ça les attire. On met souvent 3 jours pour ramasser un sac »ajoute-t-il.

 Pour celui qui estime que l’argent de l’escargot c’est le « gando » ou  de l’argent gagner gratuitement, parce qu’ils sont d’abord des cultivateurs, il y a des gens qui font la culture de l’escargot et qui les exportent. «Je connais des Bayam sellam qui viennent acheter l’escargot  et vont  le vendre à l’étranger. C’est pourquoi c’est devenu un peu rare.» affirme-t-il

 En plus de faire frire le mollusque et de le consommer sous forme de brochette, on le consomme également sous forme de bouillon (bouillon d’escargot) » déclare Dorine une habitant de Manjo. Même sous cette forme, le mollusque est toujours prisé.

 

 

Hervé Villard Njiélé  de retour de Manjo.

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