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Le blog de Hervé Villard Njiélé

Motos taxi :Le désordre règne malgré la régularisation

18 Janvier 2012, 12:44pm

Publié par Hervé Villard

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Les nombreuses mesures prises par le gouvernement camerounais au lendemain de la création de cette profession n’ont pas contribué à assainir ce métier à l’origine de plusieurs tensions sociales dans notre pays
 
La situation dans laquelle se trouvent les conducteurs de moto taxi, la manière donc se déroule cette activité dans la ville de Douala et partout au Cameroun, l’anarchie qui caractérise ce secteur et plus particulièrement le caractère indiscipliné des conducteurs de moto-taxi qualifiés de tous les noms d’oiseaux, laisse croire qu’aucune mesure n’a été prise par les autorités camerounaise pour réglementer et régulariser  cette profession, responsable de nombreux désordres sociaux et des nombreux accidents de la circulation au Cameroun.
 La profession qui a vu le jour dans le septentrion et qui  s’est étendue dans d’autres régions du Cameroun telles que Douala et Yaoundé et qui s’est d’avantage développé avec l’avènement de la crise économique dans les années 1990,  le phénomène de ville morte, la faillite de la Sotuc (Société de transport urbain du Cameroun) et la compression du personnel de la fonction publique a connu la première réglementation en 1975. Le Gouvernement camerounais soucieux de conserver la paix et surtout de canaliser cette profession très courue par les camerounais par  l’intermédiaire de Paul Biya, d’alors premier ministre à l’époque, va signer le premier décret visant à régulariser cette profession. Le décret N° 75/650/Pm du 16 février 1975  puisqu’il s’agit de lui sera publié et rendu public par le gouvernement Camerounais. La profession allant grandissante, ce décret sera remplacé par le décret N°94/033/Pm du 16 novembre 1995 signé par Simon Achidi Achu, le premier ministre. Le décret n°95/650/PM du 16 Novembre 1995 fixant les conditions et modalités d'exploitation des motocycles à titre onéreux déterminait les conditions d'accès à l'activité de moto taxi, jusqu'en 2008 où, il a été abrogé par le décret n° 2008/3447/PM du 31 Décembre 2008 qui fixe et réaménage les conditions et les modalités d'exploitation des motocycles à titre onéreux dans les zones périurbaines et rurales dans l'ensemble du triangle national.  Parmi ces mesures on peut citer, la possession d’une licence  spéciale de transport de catégorie s2, avoir une licence spéciale de transport de catégorie S2, s’inscrire au registre des transports par moto, obtenir auprès de la délégation départementale des transports ou une autre autorité compétente une carte de transport public routier ; établir un certificat de visite technique auprès d’un organisme agréé, établir une police d’assurance auprès d’une compagnie d’assurance agréée, s’acquitter du droit de timbre automobile (vignette), s’acquitter de l’impôt libératoire.
 Quant au conducteur de moto taxi, celui-ci doit remplir les conditions suivantes : être âgé de 18 ans au moins ; être titulaire d’un permis de conduire de la catégorie « A » ; être titulaire d’un certificat de capacité de la catégorie « MT ». La moto en service devait être immatriculée par le service territorialement compétent du ministre chargé des transports. Elle devait également posséder un numéro d’identification attribué par la commune de ressort du lieu d’exploitation, disposer d’un réservoir de carburant peint en jaune ; d’un siège à deux places, y compris celle du conducteur, de deux paires de pose pieds ; d’un trousseau de dépannage ; de deux rétroviseurs, d’ un dispositif complet d’éclairage et de signalisation ; d’un dispositif freinage fonctionnel ; d’un casque pour le conducteur ; d’un casque pour le passager ; d’un pare choc avant et arrière.
 Le conducteur de moto taxi devait par ailleurs porter un gilet muni d’une bande réfléchissante horizontale de dix centimètre à l’avant et à l’arrière et marqué du sigle de la commune de ressort du lieu d’exploitation et d’identification de mototaxi. Faute du respect de toutes ces mesures préalables, les conducteurs de moto pris en fragrant délit  devait être puni conformément à l’article R369 du code pénal.
Après le décret qui a fait tant de remous et des soulèvements de la part des conducteurs de moto taxi qui ont trouvé excessives les conditions à remplir pour exercer cette profession, des réunions avec les présidents des syndicats et des autorités vont se multiplier dans les villes du Cameroun et plus particulièrement à Douala où, ils sont estimés à plus de cinquante milles, pour trouver un terrain d’entente. Certaines de ces pièces seront revues à la baisse à l’issu de ces dernières.
Lors d’une  réunion avec les responsables des syndicats  au cours duquel le profil idéal du conducteur de moto-taxi a été défini par les autorités Okalia Bilaï, le préfet du Wouri va inviter les présidents de syndicats à amener leurs membres à respecter les conditions arrêtées. Il s’agit d’être en possession de deux casques de protection (conducteur et passager), d’un gilet (immatriculation et identification), d’un réservoir peint en jaune, d’une plaque d’immatriculation, des chaussures de sécurité et d’un dossier complet composé d’un permis A, d’une capacité, d’une carte grise, d’une assurance en cours de validité, d’une vignette, d’un impôt libératoire et d’une licence de transport.
 En 2010, Plusieurs réunions visant à identifier les conducteurs de moto taxi sont initiées  à la communauté urbaine de Douala.   Le principe est même enclenché mais, ne connait pas d’affluence. Pour faciliter, l’identification, le nombre de pièces a également été réduit à quatre. A savoir la carte grise, la police d’assurance, la carte nationale d’identité et le permis de conduire. Jusque-là sans suite.  Une attitude qui fait dire un agent en service de la communauté urbaine de Douala que «toutes les moto taxi qui roulent sont en infractions volontaires. Ils se prennent pour des seigneurs de la route  c’est pourquoi, il faut être dure avec eux si on  tient vraiment à régulariser ce secteur d’activité » selon cette dernière toujours, «les conducteurs de moto ne font pas de cartes grises parce que plusieurs motos en leur possession sont des motos volées » affirment-elle. Entre autres mesures prises par la communauté urbaine de Douala pour régulariser cette profession, toujours en 2010, la communauté urbaine de Douala de concert avec les mairies d’arrondissement du département du Wouri  a affecté des couleurs aux différentes mairies pour mettre fin aux désordres urbains orchestrés par ces conducteurs de moto taxi.. Mesures pas toujours appliquées par ces derniers qui de l’avis des observateurs se «prennent la grosse tête».  Ainsi, La couleur bleu a été affecté à la mairie de Douala 1er, la marron à douala 2ème la jaune à Douala 3ème la rouge à Douala 4ème la verte à Douala 5ème et la couleur violet à l’arrondissement de Douala 6ème.  La dernière réunion e,n date de ce jour visant à régulariser la profession de moto taxi à Douala  s’est déroulée le 9 janvier 2011 à la communauté urbaine de Douala. Lors de cette réunion que Fritz Ntone Ntone a eue avec les maires de la ville de Douala, le processus d’identification des conducteurs de moto taxi a été relancé. Cette fois ci, pour permettre à tous ces derniers de s’identifier, le nombre de pièces à fournir a été également revu à la baisse. Celle-ci est passée de quatre à deux. Les conducteurs de moto devront désormais  produire la carte grise et le permis de conduire pour se faire identifier dans leur mairie d’arrondissement. L’opération qui a débuté timidement suit son cours.

 

 

Hervé Villard Njiélé

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