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Le blog de Hervé Villard Njiélé

Opération épervier : Les avocats s’offrent en spectacle à la barre

19 Septembre 2012, 18:17pm

Publié par Hervé Villard

Etonde Ekoto 

 

 

 Pendant l’audience Cud-Finance qui  s’est déroulée à l’annexe du Tribunal de grande instance du Wouri ce 22 aout 2012 Mes Longa et Minyogo se sont copieusement chamaillés devant la barre.

 

 On se croyait davantage dans une cour de récréation que devant un tribunal.  Tous  ceux qui ont assisté à la énième audience de l’affaire Cud-Finance contre Edouard Etonde Ekoto et Compagnies, en ont d’ailleurs eu  cette  impression.  Car, l’audience qui se tenait à l’annexe du tribunal de grande instance s’est directement transformée en une interminable discussion entre  Me Longa  l’un des avocats qui assure la défense de M. Manyinga, le directeur du Cradem (centre  de recherche et d’appui  au développement municipal) accusé  dans les détournements à la communauté urbaine de Douala et Me Minyogo, l’un des avocats du ministère des Finances, constitué partie civile dans cette affaire.

 


Pendant que la partie civile procédait à  la contre interrogatoire de l’accusé Manyinga, Me Longa qui assure sa défense a  estimé que les avocats de la partie civile revenaient sur les mêmes questions, qui  embarrassaient plutôt son client.  Puis que d’après lui, les questions ne font pas avancer le procès. «Mon client n’est pas un spécialiste de la grammaire pour expliquer les mots.  Permettez que l’on avance. » a répété ce dernier à la cour a plusieurs reprises.

 


A la suite des nombreuses objections qu’il  faisait à chaque fois que   les avocats de  la partie civile posaient des questions  à son client, une virulente dispute va s’en suivre.  Me Minyogo qui n’a pas supporté  le fait que  Me Longa  revienne chaque fois à la charge, va rappeler à son confrère de laisser la partie civile poursuivre l’interrogatoire.   Suite à cette réaction, ces derniers vont s’engouffrer dans des invectives qui vont perturber en quelque sorte  l’audience. Ceci sous le regard impuissant des juges qui  rappelaient sans cesse  les parties au calme.

 


S’agissant des débats, le directeur  Manyinga, a été interrogé  à la fois par le ministère public et la partie civile. Son interrogatoire portait essentiellement sur  le contenu du contrat signé entre la communauté urbaine et le Cradem.

 


Pendant son interrogatoire, celui-ci a rappelé que son entreprise (Cradem) avait un capital de 500.000fcfa  et que ce capital est passé à 1000.000 en 2010. Il  s’est également prononcé sur les 320.000.000 que son entreprise à reçu de la Cud.  D’après  ses explications, les 320.000.000 représentent les  11 mois  d’activité au près de la Cud.

 


Selon les déclarations du directeur du Cradem , après la signature du contrat avec la Cud, son entreprise a travaillé pendant 25 mois et n’a perçu que la paie de 11 mois de travaux. Soit 320.000.000. « Nous réclamons encore le reste » a-t-il déclaré à la barre. Son entreprise devait bâtir  des logements pour la Cud. 

 

Selon les termes du contrat explique t-il, il devait construire 25000 logements  au total. Et devait réaliser en moyenne 200 constructions par mois avec un gain de 25000 par construction. La Cud ayant constaté que le contrat allait durer 20ans, elle a demandé que le Cradem passe à la vitesse de 1400 logements par mois.  Conséquemment, l’entreprise devait gagner 24925fcfa par logement supplémentaires. Le directeur du Cradem a pareillement précisé à la barre que, compte tenu du fait que  les travaux pour un début étaient une expérimentation, les prix n’avaient pas été fixés à l’avance. Pendant cette contre interrogatoire, le ministère public a contesté la quittance de paiement de la patente  du 27 juillet 2008. Il a déclaré que cette quittance est contradictoire à celui produit au dossier le  27 juillet  2012.


 Il faut dire que les articles 1,2,3, 10,4 du contrat Cud-Cradem de même que  la convention N°21 de ce contrat  ont constitués l’essentiel de  la contre interrogatoire de Manyinga. L’accusé a d’ailleurs été soumis à un jeu de définition des mots  du contrat qui a courroucé  ses avocats et qui a donné naissance à  la dispute mentionné plus haut. L’affaire a été renvoyée  au 29 aout 2012.

 

Hervé Villard Njiélé

 

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