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Le blog de Hervé Villard Njiélé

Photographie : des « tacleurs » à l’entrée du campus universitaire

18 Octobre 2010, 23:03pm

Publié par hervy

 

Economie-débrouillardise

Pancartes en main, ils sont à la recherche de potentiels clients à qui ils proposent leur service.

Photographie : des « tacleurs » à l’entrée du campus universitaire  

Ils  sont facilement identifiables grâce à ces pancartes sur lesquelles sont savamment disposées des demi-cartes photos en couleur qu’ils brandissent en signe d’échantillon. Debout devant le portail ou le long du carrefour « Ange Raphael », ils sont à la recherche des clients. Qu’importe le temps qu’il fait. «Demi-carte photo à 500 Fcfa  Monsieur vous voulez des photos ? » demandent-ils à longueur de journée aux passants. Selon Brice,  photographe   «C’est comme-ça que nous travaillons tous les jours. On coure après les clients chaque fois. Et ce n’est pas facile ».  Placé juste à l’entrée du portail principal, celui-ci comme de nombreux autres photographes est à la quête du client. Certains par souci d’efficacité travaillent en collaboration avec des agents commerciaux qui sont rémunérés  en fonction du nombre de clients. «Parmi les gens qui sont ici, on distingue des photographes et des agents commerciaux plus reconnus sous le nom «tacleur» ». Explique Stéphane Hossie, un autre photographe au carrefour Ange Raphael.  «En fonction des journées, ils gagnent entre 1000 et 1500 par jour. Et Pour ceux qui sont payés à l’indice, ils perçoivent entre 100 et 150Fcfa par client » ajoute –t-il. 

Le métier nourrit bien son homme en témoigne d’ailleurs cette augmentation du nombre de photographes à l’université de Douala. « Au début il y a environ trois ans, on n’était pas nombreux. Aujourd’hui dans ce petit  carrefour on compte environ 20 photographes pour près d’une cinquantaine de  ‘’tacleurs», déclare Jean. Cette augmentation ne semble avoir aucune incidence sur le gain journalier.  «Ma recette dépend des jours. Il y a des jours ou je gagne 5000Fcfa et d’autres où  je peine à avoir deux milles francs. Vous voyez que c’est pas facile » Affirme  Stéphane Hossie. La concurrence est rude et les temps ont changé. « Avant quand la demi carte photo coûtait 1000 francs Cfa, on s’en sortait facilement. Mais maintenant que les prix ont été divisés par deux, on ne gagne presque plus  », affirme un des photographes. Pour maximiser ses chances, ce photographe qui s’est doté d’un ordinateur fait également  l’infographie. «Je paie le loyer ici à 15000 Fcfa le mois. Si je ne fais pas comme ça je ne pourrais pas m’en sortir. Ce n’est pas évident avec la concurrence.» Affirme-t-il. En plus de la concurrence déloyale, l’autre difficulté rencontrée par les photographes de l’université est le fait de ne pouvoir faire des photos à l’intérieur du Campus. « Seuls les membres du Club photo de l’université de Douala peuvent faire des photos dans le campus. Les autres photographes ne peuvent que le faire à l’extérieure car, ils ne sont pas accrédité » explique Patrick Kwechi membre du club photo. La présence des brebis galeuses dans cette activité n’est pas pour facilité la tâche. « Aujourd’hui tout le monde fait la photographie même sans avoir reçu de formation. Parce qu’on a un appareil photo et une imprimante photo on se déclare photographe. » Conclut Salomon.  Depuis 2004, cette activité est devenu une profession pour de nombreux camerounais.

Hervé Villard Njiélé

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