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Le blog de Hervé Villard Njiélé

Prison centrale de New-Bell: Un prisonnier décède dans sa cellule

10 Janvier 2013, 17:46pm

Publié par Hervé Villard

 

Jacques-Dubuisson

Jacques Dubuisson a été découvert mort dans la cellule qu’il occupait à la prison centrale de New-Bell hier aux environs de 9h30

Le séjour de  Dieudonné Engonga Mintsang, régisseur de la prison centrale de Douala n’est pas de tout repos dans la capitale économique du Cameroun. Après les vagues  d’évasion des prisonniers  Vip à la prison centrale de New-Bell qui l’ont propulsé au devant la scène, voilà encore une autre triste nouvelle qui vient troubler la tranquillité de celui qui croyait se reposer un tout petit peu.

Ce mercredi 9 janvier 2013, alors qu’il vaque à ses occupations quotidiennes, il est alerté par les gardiens de la prison qui lui annoncent d’une manière brutale le décès du français Jaques Dubuisson, incarcéré dans ce pénitencier depuis plusieurs mois.

 En effet, n’ayant pas aperçu le décédé depuis la mâtiné, les prisonniers Vip, voisins de sa cellule, avec qui il a selon les témoignages, pourtant passé des moments agréables hier (mardi 8 janvier 2012 ndlr)  ont commencé à s’alarmer. Etant dans l’incapacité de  mener des recherches pour savoir ce qui se passe dans la cellule du français, ils ont alerté les gardiens de prison au passage. C’était aux environs de 9h30 apprend on.

 Rendus dans la cellule du citoyen de François Hollande, ceux-ci vont faire une découverte macabre. Jacques Dubuisson est bel et bien dans sa prison. Mais, il n’est plus vivant. Son corps  inerte gît au milieu de sa cellule. A coté de lui se trouvent ses vêtements, quelques objets personnels et des comprimés. Alertés, le régisseur de la prison central de New-Bell va descendre sur les lieux pour constater les faits. Puis il va alerter  les autorités de la ville et le consul de France qui vont immédiatement descendre à la prison pour constater le décès de ce prisonnier.

Dans la foulée, le procureur général du tribunal de grande instance du Wouri,  et autre officiers de police judiciaire vont descendre sur les lieux du sinistre. La nouvelle  va également se répandre comme une trainée de poudre au point de secouer toute la ville.

 A la question de savoir de quoi est mort l’assassin de Marie Thèrese Ngo Bajeck épouse Dubuisson, nul ne répond avec certitude. Des sources proches à la prison centrale de New-Bell, affirme cependant que celui-ci se serait suicidé.  Croulant sous une peine de 20 ans d’emprisonnement ferme, celui qui était selon certaines sources un peu souffrant a choisi de se donner la mort parce qu’il ne supportait plus sa peine.  Selon des sources dignes de foi, l’infortuné avait  d’ailleurs par le passé, tenter de s’ôter la vie à plusieurs reprises. Mais ces tentatives n’avaient malheureusement pas réussies.  

D’après cette même source, Jacques Dubuisson était  sous surveillance permanente. Car, les responsables de la prison craignaient qu’il ne récidive. Il était par ailleurs suivi sur le plan médical et sortait tout le temps pour des soins. Pour cette dernière tentative de suicide qui lui a finalement  réussie, Jacques Dubuisson aurait avalé des comprimés en grande quantité. Aucune source ne confirme cette thèse mais au vu des comprimés trouvés près de son corps cette dernière se rapproche plus de la vérité. Mais, seule l’enquête  ouverte par la police judiciaire  et le parquet permettra de  déterminer  avec exactitude la cause de son décès.

Joint au téléphone hier par le reporter de La Nouvelle Expression, le régisseur de la prison centrale de New-Bell n’a pas apporté des éclaircissements sur cet incident. « Appelé moi plus tard, je suis en réunion à la Pj » a répondu notre interlocuteur visiblement préoccupé.

Condamné à 20ans d’emprisonnement

Reconnu coupable d’assassinat  de son épouse et de port illégal d’armes à feu, Jacques Dubuisson, le mari de Thérèse Ngoh Badjeck, épouse Dubuisson, avait été condamné le 18 septembre 2012 par le tribunal de grande instance du Wouri à 20 ans d’emprisonnement ferme. Selon des informations, celui-ci après la dispute avec sa femme dans la nuit du 29 au 30 décembre 2010 est  allé chercher son arme, qu’il avait pris la peine quelques minutes plus tard  de charger  dans la chambre et, a abattu froidement sa femme, sous les regards impuissants  de son fils,  Joseph Dubuisson aujourd’hui âgé de 14ans.

Après son forfait apprend-on, Jaques Dubuisson  avait tenté de se suicider en tirant un second coup  de fusil qui va malheureusement plutôt lui arracher la chair au niveau de la mâchoire et de la joue. C’est après de longs mois de soins intensif à l’hôpital  général de Douala qu’il  va retrouver la santé. Et, sera conduit à la prison centrale de New-Bell où il sera détenu provisoirement, le temps que le procès engagé contre lui arrive à son terme. Pendant les débats, il va  plaider  non coupable  et  va  d’ailleurs déclarer qu’il aimait beaucoup sa femme et qu’il avait financé sa scolarisation.

Après avoir entendu le prévenu et l'accusation, les ayants droits de Marie Thérèse Badjeck, l'épouse assassinée dans la nuit du 29 au 30 décembre 2010, le ministère public a  demandé que le tribunal de Grande instance du Wouri déclare le sexagénaire d’origine français, coupable du meurtre avec préméditation de son épouse et de détention illégale  d’armes à feu. Il avait alors compte tenu du crime crapuleux commis, demandé que l’on condamne l’accusé à vie. Et, à verser au titre de dommages et intérêts, la somme de 300.000.000 de francs Cfa à la famille.

Après  étude des pièces à conviction produites au dossier pendant les débats, et après appréciation  des arguments avancés par les deux parties durant la plaidoirie, le Tribunal de grande instance  du Wouri  qui siégeait en matière criminelle, a condamné le français à 20 ans d’emprisonnement ferme  et à payer à la famille Bajeck la somme de 30 millions de Fcfa comme dommages et intérêts. Et la somme de 65000 fcfa au tribunal 

Diverses raisons avaient motivé cette décision du tribunal de grande instance du Wouri. Il s’agit notamment de l'hésitation du français qui a présenté trois versions différentes de son alibi devant la barre, du  témoignage à charge de son fils Jacques Joseph Ajopé Dubuisson qui avait assisté impuissant à l’assassinat de sa mère. La réparation de l'arme du crime qui était défectueuse avant le jour du meurtre et  également la confiscation des actes d'état civil de sa femme et de son fils gardés au consulat de France. Les  8 armes à feu  donc une de calibre douze, qui avait permis de commettre le crime, trouvées  par la police au domicile Dubuisson après le macabre évènement, avait également permis de conforter la thèse selon laquelle il avait muri son projet

Déception

 La sentence finale  de cette affaire donnée par le tribunal de Grande instance du Wouri  n’avait pas satisfait les membres de la famille de l’ex cadre de la compagnie aérienne nationale Camairco.  Selon  un membre de la famille rencontré après la lecture de cette décision de justice, le montant des dommages et intérêts que Jacques Dubuisson devait verser à la famille était  insignifiant. «20 ans d’emprisonnement ferme  c’est pas mal. C’est un sexagénaire  et je pense qu’il va payer pour ce qu’il a fait à ma sœur cadette. Ce que je déplore, c’est le montant des dommages et intérêts. Pour une femme qui gagnait près de deux millions de francs Cfa  par mois, les 30 millions francs Cfa de dommages accordés par le tribunal sont insignifiants », avait commenté un proche de la famille Badjeck après l’audience. Le public nombreux qui assistait à ce procès était rentré déçu. Pour nombreux d’entre eux, le juge  a été partial. Car, devait condamner Jaques Dubuisson à mort conformément à l’acte crapuleux qu’il a commis.

Même si on ne sait  où se trouve le  corps de l’assassin de Marie Thèrèse Ngo Badjeck, il faut du moins noter que le décès de Jacques Dubuisson vient mettre fin à un épisode de faits divers qui ont tenu en émoi les populations de la ville de Douala depuis 2010.

 

Hervé Villard Njiélé

 

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