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Le blog de Hervé Villard Njiélé

Interview Prince Ngassa happy:"A l’avenir il n’y aura plus de président général à Union de Douala »

, 06:10am

 

Interview
  
Prince Ngassa Happy
   

« A l’avenir  il n’y aura plus de président général à Union de Douala »

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 Rencontré quelques jours après la publication du communiqué signé du Dr Faustin Domkeu, qui annonçait l’assemblée générale de Union de Douala pour le 4 décembre 2011 prochain et dont l’objet portait sur son remplacement, Prince Ngassa Happy, président du conseil des sages du club mythique de Douala a bien voulu réagir au sujet de cette crise qui perdure au sein de  ce club.
 
Faustin Domkeu vient de rendre public un communiqué qui annonce sa démission le 4 décembre 2011 prochain, pendant une assemblée générale organisée à cet effet. Quelles sont vos réactions?
 
Je crois qu’il était temps qu’il démissionne. Quand vous avez une équipe où vous n’avez plus de joueurs qui vous soutiennent, quand votre comité directeur est dispersé, et 90% de vos membres qui  ne sont pas avec vous, la bonne décision c’est de démissionner.
Vous n’allez pas attendre que les choses soient pourries pour que vous démissionniez. A Chaque fois, qu’il y a  eu un problème au sein de l’union de Douala, les gens n’ont pas attendu que  tout se gâte avant qu’elles se retirent. Je ne veux pas dire qu’à mon temps j’étais le bon Dieu. Mais, quand vous dirigez les gens et que vous sentez à un certain moment, que le vent n’est plus de votre côté, au lieu de vous faire humilier, il vaut mieux partir. Car, ce qui s’est passé là-bas était une honte. J’ai vu il ya quelques jours à la télévision, ce qui s’est passé à Njo–Njo. Je n’étais pas là quand cela s’est passé, j’étais à l’Ouest. Mais quand vous regarder ce qui s’est passé à la télévision, l’image des gens avec la sécurité, vous ne pouvez pas être fière de l’équipe. Je pense que Faustin Domkeu  a bien fait, il était temps.
Nous à notre niveau maintenant, on va voir ce qu’on va faire pour ramener la paix au sein de l’équipe. Domkeu est un monsieur qui avait souffert au sein de l’Union de Douala. Il n’aurait jamais pu arriver à ce  stade si je ne le soutenais pas. C’est un garçon que son ami m’avait personnellement présenté  et je ne croyais pas qu’il pouvait avoir ce genre de comportement. Mais je le comprends, c’est la jeunesse. Moi aussi,  j’étais jeune quand j’avais son âge. J’étais bouillant c’est vrai mais, je respectais quand même  les aînés. Je suis ressortissant de l’Ouest et chez nous à l’Ouest, il faut respecter les aînés.
  
   
Comment expliquer cette guerre de leadership qui existe dans les vieux clubs Camerounais depuis quelques temps. Il y a quelques semaines c’était le Canon de Yaoundé, aujourd’hui c’est l’Union de Douala. Qu’est ce qui Explique cela ?
  
  
   
Je pense qu’il ne faut pas exagérer. Il ne faut pas   comparer l’incomparable. Dans le  Canon comme dans  le Tonnerre de Yaoundé, il y a  toujours eu des querelles permanentes.
Pour ceux qui suivent l’histoire du football Camerounais, ceux qui sont anciens savent que dans canon, il y a toujours eu des problèmes de personnes. Il ne faut pas confondre les choses. Dans union de Douala je pense que c’est la première fois que cela arrive.
Le conseil de sages de union de Douala a convoqué une assemblée générale qui devait se dérouler le 20 Novembre 2011. Malheureusement, elle n’a  pas eu lieu.
 
 
 
Est-ce que selon les textes de Union de Douala, le conseil des sages à le pouvoir légal de convoquer une assemblée générale ?
 
 
 Il faut quand même être sérieux. Monsieur Domkeu Faustin qui est aujourd’hui président de l’Union de Douala n’est-ce pas  le conseil supérieur  qui l’a choisi ? A ce moment-là il aurait pu  évoquer les statuts. Ce n’est pas aujourd’hui qu’on doit évoquer cela.
Nous n’avons jamais  évoqué le  problème de statut dans l’union de Douala. Du Président fondateur de l’Union de Douala Kom Samuel, en passant par moi, on a jamais été élu par les statuts, nous avons toujours étés  approuvés par l’organe suprême de notre association. J’ai été président sous proposition après Kom Samuel.
Au départ, on a créé le conseil supérieur des sages pour garantir et venir en aide à la pérennité du club.  Vous comprenez donc que le conseil supérieur des sages est un organe de modération. Ce n’est pas un organe  fantaisiste, c’est pour intervenir au sein du club et régler les crises.
A chaque fois, c’est le conseil supérieur des sages qui a le dernier mot. Il a en son sein des membres à qui on a confiance. C’est vrai qu’on peut également se tromper parce qu’on ne détient pas  le monopole de la vérité. Mais, pour éviter cela, il y a une communion d’idée, de penser entre le conseil supérieur des sages et les supporters. Et, chaque fois qu’il y a un problème, le conseil supérieur écoute toujours les supporters  avant de prendre une décision pour sauver le club.
Et je vous  signale en passant que, le premier communiqué  convoquant la réunion pour le 4/11/2011 avait  été signé par moi. Je tiens encore la copie.  Et je peux vous le donner. Pourquoi à ce moment-là, le président général n’avait pas contesté pour dire qu’il est le seul à convoquer des réunions ? J’aurai bien voulu qu’il me demande pourquoi j’ai signé ce communiqué puisque je l’ai fait.
Il y a des choses que je peux dire. Mais, je préfère me taire parce que, Union de Douala n’est pas ce club là où, les affaires se traitent dans la rue. Je ne suis pas là pour jeter  de l’huile sur le feu mais, plutôt pour éteindre. C’est pourquoi, j’ai appelé le premier comité de soutien pour leur demander de rentrer quand la police a annulé l’assemblée générale de l’autre jour. Car il fallait respecter la loi. C’est l’autorité qui accepté la tenue de la réunion ce jour, c’est elle également qui l’a interdite.
 
 
Mythique président de Union de Douala Club mythique du Cameroun, qu’est-ce que ça vous fait aujourd’hui de voir votre club traversé des moments de turbulences ?
 
 
Je peux vous dire sincèrement que, j’ai failli pleurer quand j’ai vu à travers un reportage à la télévision, comment la police dispersait les membres de Union de Douala.
Vous savez, je n’étais pas là,  on m’a juste raconté ce qui s’est passé. J’ai d’ailleurs demandé qu’on me fasse une copie du reportage fait ce jour là pour l’histoire. Sincèrement j’ai failli couler des larmes. Mais vous savez, quand on est père de famille, il faut comprendre que de temps en temps des enfants peuvent tomber,  de temps en temps ils peuvent se tromper. Et, je pense qu’il faut chercher à unir qu’à désunir.
Ainsi, ça va servir de leçon à tout le monde, aux supporters, aux dirigeants, pour qu’on ne choisisse plus  n’importe qui comme président de Union de Douala. C’est terminé ce genre de chose. On prendra désormais d’énormes précautions pour choisir le nouveau président de l’union de Douala. On prendra des mesures légales. Vous savez avant on se disait qu’on n’allait  pas en guerre au sein de l’Union de Douala, parce qu’on n’avait jamais eu des problèmes. Les problèmes de ce genre ne s’étaient jamais posés depuis près de 100 ans que l’Union vit. C’est arrivé et c’est dommage.
 
 
Que prendrez-vous comme mesure sécuritaire pour que ce genre de problème ne se reproduise plus au sein de votre club ?
 
 
 On va mettre sur pied des mesures de restructuration du club. Et il n’y aura plus de président général qui fait ce qu’il veut. Quand il y a la paix il n y a pas de problème. Mais, quand il y a la crise, il faut prendre des mesures qui s’imposent.  A l’avenir  il n’y aura plus de président général à Union de Douala. Nous allons changer de structure. Il y aura un conseil d’administration, un conseil supérieur, un bureau actif ou un bureau directeur qui pourra assurer la main courante. Le conseil d’administration sera dirigé par ceux qui vont faire des retraits d’argent. Et surtout des membres régulièrement choisis par le conseil supérieur des sages, des anciens membres et non des  membres qui ont de gros diplômes ou ceux qui ont de l’argent.
L’Union n’a jamais été un club où on vient chercher  de l’argent même si on gagne de l’argent. Nous comptons sur nos membres pour financer l’équipe. L’union de Douala dans sa nouvelle structuration donnera plus de responsabilités aux comités de soutien. On ne peut pas diriger sans comité de soutien. Car ce sont ces comités de soutien qui vont payer les billets pour aller au stade. De toutes les façons, il y aura la refondation de nos statuts et du règlement intérieur. Ceci sous la responsabilité du conseil supérieur des sages.
Dans le comité de réflexion  qui siègera sur  la réalisation des nouveaux statuts et des nouveaux règlements intérieurs, il y aura je crois, le capitaine de l’équipe, l’entraineur, le président de comité de soutien, les dirigeants, le directeurs sportifs. Et ceci sur la supervision d’un membre du comité des sages.
Quand  ces nouveaux textes seront adoptés on pourra alors faire de nouvelles élections.*
 
 
Qu’est ce qui est effectivement à l’origine de cette crise que l’on vit aujourd’hui  au sein de l’Union de Douala ?
 
 
 
Je ne pense pas qu’il y ait eu des problèmes majeurs. Il y a eu  tout simplement des malentendus. Je dis et je crois sincèrement qu’il y a trois années, avec le président Kamdem, il y avait plus de problèmes qu’aujourd’hui avec Faustin Domkeu.  En fait C’est un petit problème qui avait commencé entre le Président Faustin Domkeu et son bureau. Il n’a pas su manager son bureau. Ce sont des petits problèmes de rien du tout qu’on aurait dû régler en deux secondes. Avec le président kamdem, c’était plus dur  qu’à l’heure actuelle. Dans tous les cas, je ne vous donne pas des détails puisque je ne suis pas là pour détailler des problèmes internes.
 
 
Est-ce qu’on peut dire que l’Union de Douala va déjà vers la professionnalisation de son football ? Est-ce que vous avez les moyens  conséquents?
 
 Les moyens on l’impose, il faut les trouver. A Notre niveau nous n’avons pas de choix. Quand on nous dit au niveau de la league professionnelle que l’équipe doit être professionnelle nous sommes contraints d’exécuter. Il Y a trente ans  Joe  Lea et moi avons évoqué la notion de professionnalisation du football camerounais. C’était un préalable qu’on voulait. Aujourd’hui  je ne sais pas ce que ces préalables sont devenus. Dans tous les cas, c’est une question politique. Les jeunes, quels qu’ils soient se lèvent de n’importe quelle manière, et décident de résoudre un problème. Et, c’est dans l’application qu’on décèle que ce n’était pas possible. Une équipe doit avoir un minimum d’argent. C’est ce qui explique   des différents qu’il y a aujourd’hui entre la fédération et le ministère des sports.
La fédération ne peut pas dire qu’elle est indépendante alors qu’elle n’a pas de stades. La league professionnelle de football demande que des joueurs deviennent des salariés.   Pour que ce soit possible, Il faut que le club devienne  une société. Il faut avoir des actionnaires et pas n’importe lesquels. Ceux qui vont investir des centaines de millions. Quand on signe un contrat avec un joueur, on entre là dans le cadre du code de travail. Et ce code là  a ses contraintes.
 
 
La crise au sein de l’union de Douala arrive à quelques jours du début de la nouvelle saison sportive.  On sait également qu’Union de Douala est engagée en coupe africaine.  Est-ce que l’équipe ne sera pas perturbée ou fragilisée par cette crise qui persiste au sein de son administration ?
 
 
 
Non non et Non.  Depuis environ deux mois, les joueurs ont signés leurs différents contrats, les primes ont été payées. A savoir les primes de signature, les primes d’entrainements. A ma connaissance, et d’après les renseignements qui me parviennent,  il n’y a pas de problème à ce niveau.  Un nouvel entraineur a été recruté. Techniquement tout se passe bien. Il peut bien avoir une défaite au cours du jeu, c’est normal car ça fait partie du jeu.
 
Entretient réalisé par Hervé Villard Njiélé.