Jacques Eone: « Celui qui dominera l’intelligence artificielle dominera le monde »
Directeur exécutif de Sparte Robotics, Jacques Eone a entretenu les journalistes de la ville de Douala l'importance et l'usage de l'intelligence artificielle dans la production des article de presse. Dans une interview accordée au blog www.hervevillard.over-blog.com, il revient sur cette technologie innovante.
Qu’est-ce qui justifie la course effrénée vers l’intelligence artificielle observée aujourd’hui ?
L’intelligence artificielle (IA) touche tous les domaines. C’est une science à fort impact, qui exerce un effet de levier considérable sur les autres disciplines, notamment les sciences appliquées. Comme l’a dit le président russe, « celui qui dominera l’intelligence artificielle dominera le monde ». Cette affirmation illustre bien les enjeux géopolitiques et économiques liés à cette technologie.
Les États comme les entreprises s’y intéressent donc fortement, cherchant à développer des systèmes d’IA capables d’optimiser leurs processus, leur production et leur croissance.
Question : Concrètement, qu’est-ce que l’intelligence artificielle ?
L’intelligence artificielle est une science dont l’objectif est de reproduire ou de simuler l’intelligence humaine. Elle repose sur un ensemble de théories et de techniques permettant à la machine d’imiter certaines formes de raisonnement ou de comportement humains. Cela permet d’améliorer ou d’accélérer de nombreux processus. Prenons l’exemple du journalisme : puisque nous parlons aujourd’hui dans le cadre de la Journée internationale de la liberté de la presse, il faut savoir que l’IA peut considérablement réduire le temps de traitement de l’information.
Des données qu’un journaliste mettait deux ou trois jours à collecter et à analyser peuvent désormais être traitées en une à deux heures seulement. C’est ce qu’on appelle un effet de levier, qui permet d’optimiser la productivité et la qualité du travail.
Question : Quelle IA utiliser et en quoi peut-elle aider les journalistes ?
L’intelligence artificielle doit d’abord être perçue comme une aide, et non comme un substitut à l’homme.
Elle vient accompagner le journaliste dans ses tâches quotidiennes. Comme je l’ai dit, un article qui demandait deux jours de préparation peut aujourd’hui être finalisé en deux heures. C’est un gain considérable.
Mais il faut rester prudent : une dépendance totale à l’IA peut être dangereuse. Certains médias occidentaux, par exemple, envisagent de remplacer des journalistes par des humains digitaux. C’est une pratique à surveiller de près, car un journaliste ne se résume pas à une image ou à une voix : c’est aussi une capacité d’analyse, de discernement et de traitement critique de l’information — des qualités que l’IA ne maîtrise pas encore.
Quel conseil donneriez-vous aux journalistes camerounais qui s’intéressent à ces outils ?
Je leur dirais de ne pas rejeter l’intelligence artificielle, mais de l’intégrer intelligemment à leurs pratiques.
Il faut comprendre ce qu’elle est, la valeur qu’elle apporte, mais aussi la plus-value humaine que le journaliste conserve par rapport à la machine. Le professionnel doit savoir se démarquer de l’IA tout en tirant parti de ses avantages. Enfin, il est essentiel de penser à la souveraineté numérique.
La plupart des outils d’IA sont étrangers, donc potentiellement vulnérables à des risques de piratage ou de fuite de données. C’est pourquoi nous militons pour une intelligence artificielle souveraine, en développant des data centers locaux, capables d’héberger nos propres données et de refléter nos réalités africaines.
Commenter cet article
/image%2F1001789%2F20200325%2Fob_33c98a_img-20180322-165615.jpg)
/image%2F1001789%2F20251113%2Fob_ee2c11_jacques-eone-ceo-sparte-robotics.jpg)