Minsep – FECAFOOT : la guerre reprend de plus belle autour de l’élection du 29 novembre 2025
La tension entre la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) et le ministère des Sports et de l’Éducation physique (MINSEP) a franchi un nouveau palier à l’approche de l’élection à la présidence de la fédération, prévue le 29 novembre 2025. Initialement destinée à renouveler les instances dirigeantes, cette élection est devenue le nouveau front d’un bras de fer institutionnel qui ravive des conflits persistants.
Dans une lettre adressée à Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale, le ministre des Sports, Pr Narcisse Mouelle Kombi, demande « l’interdiction de toutes les assemblées constitutives ou électives dans le domaine du football, y compris celle projetée par la FECAFOOT le 29 novembre 2025 à Mbankomo. Cette mesure conservatoire permettra d’envisager sereinement l’organisation d’un processus électoral concerté, inclusif, apaisé et transparent ».
Le 14 novembre 2025, le MINSEP a également annoncé son incapacité à désigner ses représentants pour l’Assemblée générale élective (AGE), invoquant des « irrégularités » et une prétendue contradiction avec ses recommandations antérieures. Le ministre dénonce notamment des menaces à l’ordre public, des contentieux non résolus avec différents corps du football, le non-respect des orientations spécifiques à la tutelle ministérielle, ainsi que l’intégration dans le corps électoral de clubs fictifs. Selon lui, la poursuite du processus électoral dans ces conditions pourrait contribuer à une tension sociale accrue dans un contexte déjà sensible.
Un bras de fer juridique et institutionnel
Cette décision a immédiatement été contestée par la FECAFOOT. Dans une correspondance officielle adressée au MINSEP, la fédération dénonce un refus sans fondement juridique et rappelle que la tenue du scrutin relève exclusivement des organes statutaires de la FECAFOOT, conformément aux statuts de la fédération et aux directives de la FIFA et de la CAF. La FECAFOOT met en garde contre les risques de sanctions internationales pour ingérence administrative et souligne que l’absence des représentants du Ministère ne saurait affecter la validité du scrutin.
La fédération reproche également au MINSEP d’avoir mêlé appréciations personnelles et avertissements dans sa correspondance, ce qui pourrait être interprété comme une tentative d’ingérence dans un processus censé rester autonome.
Conséquences sportives et institutionnelles
Cette nouvelle étape de la crise intervient alors que les relations entre les deux institutions étaient déjà marquées par des désaccords récurrents sur la gouvernance, la nomination des staffs techniques et le contrôle administratif des activités de la fédération. Les observateurs s’inquiètent des conséquences sur la préparation des équipes nationales et sur l’organisation des compétitions, alors que le football camerounais se prépare pour plusieurs échéances continentales et internationales.
Avec le durcissement des positions des deux camps, une escalade de tensions n’est pas à exclure. Ce conflit permanent, qui perdure depuis plusieurs années, a déjà sérieusement affecté le football camerounais, et aurait contribué à empêcher les Lions Indomptables de se qualifier pour la prochaine Coupe du Monde, à laquelle au moins neuf pays africains participeront.
Vers un dialogue incertain
Malgré ces tensions, la FECAFOOT réaffirme son attachement aux textes statutaires et à l’autonomie des fédérations sportives, tout en ouvrant la porte au dialogue pour garantir un processus électoral transparent. La question reste cependant de savoir si un compromis pourra être trouvé avant le 29 novembre, alors que la situation semble plus tendue que jamais
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