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Le blog de Hervé Villard Njiélé

 Villes mortes :  Le Cameroun à deux vitesses

17 Novembre 2025, 14:02pm

Publié par Hervé Villard

 Pendant que certaines villes du pays ont observé avec beaucoup d’entrain le mot d’ordre de ville morte  lancé par le candidat Tchiroma  qui continue de revendiquer sa victoire d’autres villes ont relancé les  activités mais de manière timide.
 Villes mortes :  Le Cameroun à deux vitesses
 Villes mortes :  Le Cameroun à deux vitesses
 Villes mortes :  Le Cameroun à deux vitesses

La ville de Douala n’a pas été une ville fantôme le lundi 3 novembre 2025. Contrairement à la  journée du 27 octobre 2025 où la capitale économique du Cameroun présentait l’image d’une ville  fantôme, les activités ont repris dans la deuxième ville du Cameroun hier. Mais, de manière timide. Car si certains lieux de commerce ont ouvert par endroit, d’autres sont restés fermés. Comme pour respecter le mot d’ordre de grève lancé par Issa Tchiroma qui se revendique vainqueur de l’élection  présidentielle du 12 octobre 2025.

A Akwa par exemple, certains commerces ont ouvert leur bureau de même que des bureaux  administratifs. A Bonanjo,  la plupart des bureaux étaient ouverts. Idem pour les quartiers  Missoke  Beedi, Hôpital général, Ndogbond. Certaines écoles comme le lycée d’Akwa et le lycée Bilingue de Deido ont repris  avec les cours. Sauf  que la propension de la reprise  de service dans la capitale économique du Cameroun était marginale.

 La ville morte a été observé de manière claire dans les quartiers comme Bonaberi, où les boutiques sont restées fermées presque partout, Ange Raphael, Village Ari, Dakar,et plein d’autres quartiers. Les boutiques et autres commerces sont restés fermés Au niveau de la circulation, quelques véhicules seulement étaient visibles. Contrairement à une ville habituellement bondée de monde avec ses nombreux embouteillages, la ville de Douala était plutôt vide ce jour. Les conducteurs de moto se comptaient à des différents carrefours de la deuxième grande ville du Cameroun. La ville bouillante caractérisée par la pollution n’est pas reconnaissable. Le carrefour Ndokoti toujours engorgé est vide. Une chose souvent rare. «J’ai roulé à vide Ndokoti jusqu’à village, il n’y a pas les  gens dehors, les boutiques ne sont pas ouvertes », commente un conducteur de moto.

Au marché Dakar, à village,  en dehors de quelques vendeurs  à la sauvette qui vendent à l’entrée du marché, toutes les boutiques sont restées fermées. Même chose au quartier Bonaberi plus  précisément dans les marchés Grand Hangar, Rail, quelques commerces seulement ont ouvert  les  portes.

 L’ambiance tiède dans la ville de Douala est pratiquement similaire à celle de Yaoundé la capitale  politique du Cameroun. Si on a observé un retour aux activités dans certains points de cette ville, d’autres par contre sont restés fermés comme s’ils n’étaient pas dans la même ville. Il n’y avait  presque  pas d’activité à l’Avenue Kennedy, au marché centrale de Yaoundé pour ne citer que ces deux points chauds de la capitale politique du Cameroun. Les activités dans d’autres quartiers  ont  certes repris mais de manière timide. On a surtout remarqué la présence massive des éléments de  force de maintien de l’ordre dans la plupart des carrefours de la ville de Yaoundé. Une présence  dissuasive qui devrait  motiver les populations à vaquer paisiblement à leurs différentes occupations.

 

 

 Villes mortes :  Le Cameroun à deux vitesses
 Villes mortes :  Le Cameroun à deux vitesses

Contraste

 La tiédeur populaire observée dans la reprise des activités dans les capitales économique et politique du pays n’était pas au rendez-vous dans d’autres villes du pays.

 Là-bas, les  populations ont observé scrupuleusement le mot  d’ordre de villes mortes lancé par Issa Tchiroma Bakari. C’est cas des villes comme, Bafang, Dschang, Garoua, Maroua et plusieurs contrés du pays  encore.

 A Bafang, chef-lieu du département du Haut-Nkam, ville reconnue comme frondeuse depuis l’indépendance du Cameroun, les boutiques et autres commerces sont restés fermés. Les transporteurs eux aussi sont restés chacun chez lui. Il n’y avait presque pas d’activité. C’est une ville  fantôme que chaque habitant de cette  ville a vu hier. «On a rien ouvert à Bafang aujourd’hui. Il n’y a  pas de traitre à Bafang. Nous savons qu’on nous appelle ville rebelle mais ça ne fait rien. J’ai eu de la peine à trouver une boutique ouverte ce jour», explique un habitant de cette ville solidaire à ce  qui se passe. «Nous n’avons pas de choix. C’est une histoire qui concerne tout le Cameroun. On doit simplement s’aligner», déclare celui qui reconnait que la situation n’est pas bonne pour le Cameroun et les camerounais dans l’ensemble.

A Dschang ville qui a dénoncé de manière violente le tripatouillage des résultats de l’élection présidentielle de 2025 en incendiant la permanence du Rdpc et d’autres édifices publiques, ça n’a pas du tout roulé. Elèves, commerçants sont restés chacun chez eux. La ville avait  l’image d’une  ville morte. C’est avec beaucoup de difficultés que les habitants se sont ravitaillés hier. Une situation difficilement acceptée. «Ce n’est pas facile de rester à la maison. Mais on n’a pas de choix.», déclare  cet habitant.

Rappel

 Il faut dire que les villes mortes observées à deux vitesses au Cameroun sont la conséquence de la dernière élection présidentielle organisée au Cameroun le 12 octobre  2025. A la proclamation des résultats le 27 octobre  2025 dernier, résultats qui donne Paul Biya vainqueur avec 53,66%. Issa Tchiroma qui a été classé 2ème à l’issue des résultats prononcés par le Conseil Constitutionnel avec 35,19% a estimé que les résultats ont été truqués. Dans le mouvement de contestation que celui-ci a  lancé pour obliger le pouvoir à reconnaitre sa victoire, celui sorti directement des urnes selon lui, il a demandé que le peuple camerounais observe trois jours de villes mortes du «3 au 6 novembre 2025.

 

 

 Villes mortes :  Le Cameroun à deux vitesses
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